Monday, May 11, 2009

Moi aussi


De l'autre coté de la rue
les corbeaux mouillés
Dans leurs nids attendent
Que leurs petits s'envolent

Moi aussi ce matin
Mouillée, poule mouillée
Spagetthi sauce en canne
Au blé entier

Moi aussi, ce midi
Une nouille
Ramollie, j'attends
De me faire avaler

Moment de calme
Avant le nouveau départ
Vers le même endroit
Vers le bout du monde
Vers encore plus loin

Moi aussi bientôt, un ver
Je sortirai les jours de pluie
Comme aujourd'hui
Puis
Demain
Séché au soleil
Ramassé par une petite fille
Jeté sur le pavé

Moi aussi des fois, le pied
Qui m'écrasera
Un beau jour de mai
Avant le départ
Vers le même endroit

Sunday, May 10, 2009

Spanish Banks

(Ecris sur un clavier anglais, desolee il n'y aura pas d'accents et surement quelques typos dans ce billet)

Encore une fin de semaine au soleil, encore une fin de semaine a boire de la biere en se racontant des histoires. Les gens qui m'entourent, tranquillement deviennent rassurants, confortables. J'evalue leurs differentes personnalites, je me demande a qui je ressemble le plus, j'imagine leur vie d'avant -sans moi-, je m'appuie sur leurs rires familiers, je marche sur la pointe des pieds au travers de leurs regards, je me perds dans les plis de leurs visages, la main sur une epaule, on partage une couverture ou un repas ou une biere. Je suis entouree de gens heureux.

A Spanish Banks ou on a passe l'apres midi, la vue est spectaculaire. Le sable est fin. Devant nous, l'eau bleue foncee ne parait pas chaude car le vent du large nous rafraichit les idees de toutes facon. De l'autre cote de l'eau, des montagnes vertes sapin, noires roche et blanches neige au somment. Bleu, vert, blanc. La ville au fond, vers la baie, toute blanche. Une foret de grattes-ciel de vitre. Des cargos et des voiliers qui nous cachent la vue, qui se fondent dans le decor, qui semblent immobiles pour nous qui sommes trop occupes a rire pour les regarder s'eloigner. Lorsque le soleil commence a se fatiguer et decide que bientot il disparaitra, la ville s'enflamme. Les montagnes deviennent plus sombres et les gratte-ciels emettent une lumiere intriguante, rassurante.

Samedi dernier, de la plage de Spanish Banks, la ville s'embrasait alors que le soleil se couchait. Des nuages bleu clair, gris fonces, blanc sales se sont eleves au dessus des buildings. Puis j'ai eu un peu peur.

Ce soir il pleut et la pluie frappe a ma fenetre. Demain je prends mon velo pour aller travailler. Demain matin je serai bien trempee.

Monday, May 4, 2009

pas tout à fait l'été

Drôle de ville. On dirait depuis des mois que l'été est à ma porte. Que l'été est dehors puisqu'ici en dedans il fait toujours sous zéro même si le soleil tape sur les rideaux.

La dernière fin de semaine d'avril nous sommes partis en camping-aventure vers Mission, dans la vallée, dans le bois avec les hillbillies. Notre groupe de citadins était entourés de personnages heeeuumm disons plutôt rustiques. Devant nous, le lac. Derrière, le chemin de bois. À gauche, l'enterrement de vie de garçon de Bobby. Une quinzaine de gars bedonnant dans la mi-vingtaine portant presque tous une belle chienne à carreaux. Bobby et ses chummys carburaient à la bière et aux coups de 12 dans le lacs. Comme notre groupe était en partie composée de filles, nous avons eu droit à plusieurs visites des boys, de plus en plus chaud avec la soirée qui avance, venu nous faire des avances, pas très subtiles. On a eu droit à des histoires de pick-up et de chasse et il y eu même un moment de virility-show-off intense où les gars ont compétitionné pour aller nous chercher du bois.

Puis à droite il y avait monsieur X et ses amis. Monsieur X habite dans un shack dans le bois, construit d'un ramassis de planches et de bâches de plastiques. Pas d'eau courante, pas d'éléctricité. 3 chiens. Pas de permis de conduire (pas avant 4 autres années). Son pick-up plein de rouille et de trous était stationné juste là et il nous a laissé tiré du paintball et du gun à patates en plein dessus. En fin de soirée les rumeurs ont commencé à circuler... monsieur X serait le frère de Robert Pickton... film d'horreur en temps réel.. qui va-t-il tuer ce soir... pourquoi l'a-t-on laissé faire quand il s'est offert pour prendre une photo du groupe? Qui sera le premier à disparaitre de la photo? Qui va survivre? Qui osera aller à la toilette, seul, loin du groupe, dans le noir?

Puis cette fin de semaine il a fait beau, il a fait beau! J'ai passé du temps à l'écurie. J'ai recommencé à jouer au Ultimate Frisbee. J'ai mal partout, j'ai un coup de soleil. J'ai hâte de voir comment il sera, l'été qui se fait attendre, l'été qui n'est pas encore arrivé officiellement.

Friday, May 1, 2009

Barn with a view

J'arrive du bout du monde pour aller voir monsieur G. Sa nouvelle demeure est vraiment grandiose... vue sur le Fraser et Mt Baker. Il va passer ses journées à brouter avec ses quelqu'un d'autres.

Je suis pleine de soleil et de courbatures. J'ai les épaules rouges et un verre de vin blanc à la main. Même si j'ai toujours envie d'aller ailleurs après la saison de terrain j'ai aussi envie de rester pour des journées comme aujourd'hui.

Heureusement que j'ai les émotions à fleur de peau, ça m'a permis de savourer la journée au soleil avec les chevaux et maintenant c'est vendredi soir et il me reste 3 jours de fin de semaine.

Peut être que je ne participerai pas aux émeutes si les Canucks gagnent la coupe, peut-être que je serai avalée par la vague géante dans mon sommeil puisque j'habite dans un sous-sol. Peut-être que j'irai marcher sur Robson en talons haut en me faisant croire que moi aussi je suis cool et riche et au-dessus de tout. Peut-être que je m'en fout des autres des autres, après tout.

Tout le monde a quelqu'un d'autre

Sauf moi??

wtf?

Non c'est pas vrai... moi aussi j'ai quelqu'un d'autre... et mes quelqu'uns d'autres ont quelqu'un d'autre. Eux aussi.

Je sens que je suis dans un impasse en ce moment.

Impasse au travail, je travaille trop, j'ai une fin de semaine de 4 jours bien méritée qui commence aujourd'hui mais je sais que je vais continuer à trop travailler. Qu'est-ce que je peux faire d'autre? Je retire beaucoup de satisfaction de mon travail. Et un peu de liberté, de temps libre pour aller voir mon cheval ou dormir le matin. Quand c'est possible. Beaucoup de satisfaction à savoir que tout le monde apprécie mon travail et que je suis maintenant un membre de l'équipe, de la compagnie, maintenant indispensable pour certains projets.

Donc dernierement je mise sur ma sois-disant carrière. Je pense à aller ailleurs l'an prochain. Qui sait.

Impasse au cheval. Je veux vivre cheval mais je n'ai pas le temps, les moyens. Je veux sortir en concours et ramener des rubans rouges. J'essaie, des fois je réussis.

Impasse dans ma vie sentimentale. Tout le monde me trouve trop émotive. Je sais pas comment être autrement. Je ne sais pas ce que je veux, je ne veux pas être un cliché de jeune femme célibataire. Donc j'attends de voir ce qui se passe. Donc je travaille trop.

Les amis ça va par contre.

Aujourd'hui j'ai envie de partir de cette ville où tout le monde jogge sur la plage en montrant ses petites shorts lululemon. J'ai envie de sacrer le camp parce que je ne suis pas capable de marcher en talon haut et lunettes Gucci sur Robson le vendredi après-midi. J'ai envie que les Canucks gagnent la coupe pour avoir une raison de briser les vitrines des magasins chics. J'ai envie d'aller au condo du président au centre-ville et de regarder la vague du méga-tsunami avaler tout ceux qui sont trop pauvres pour se payer un appartement with a view.

J'ai envie d'aller vivre à Perfection avec Kevin Bacon (version cowboy) et d'être une jeune géologue qui découvre des vibrations anormales dans le sol. On tomberait amoureux en tuant des énormes vers de terres.... J'ai écouté "Tremors" dimanche soir...

J'ai envie d'aller vivre à la campagne avec Griffin et y rester. J'amenerais Butterfly, Fleur, Samsara. Mon Griffin aurait ses quelqu'un d'autres et moi j'aurai besoin de rien de plus.

Tuesday, April 21, 2009

Tout ce dont je n'ai pas besoin

Aujourd'hui on dirait que tout est un peu plus difficile qu'à l'habitude. Je me suis réveillée avec les yeux qui piquent, le cou raide et les épaules coincées. Sans parler de l'amas de boucles sauvages qui pousse sur ma tête. Incontrôlable.

Pourtant le soleil brille et me voilà redevenue active physiquement, voilà que j'essaie très fort de suivre mes bonnes résolutions et d'être en santé, me faire à manger, bouger, économiser, pas trop dépenser. Comme j'ai voulu être raisonnable en fin de semaine je me suis acheté des souliers pas trop chers mais le vrai prix à payer consiste en deux bonnes ampoules sur les talons. La petite douleur subtile, la douleur humide et piquante sur l'arrière de mes deux pieds m'a suivi toute la journée. Comme un événement heureux auquel on ne peut s'empêcher de penser, la constante chaleur sur mes talons me rappelle que je suis toujours là, vivante, que ça aurait pu être pire et que franchement je devrais endurer plutôt qu'avoir envie de me plaindre. Non mais!

Donc après une journée très peu mouvementée derrière mon écran d'ordinateur au bureau, j'ai sauté dans ma voiture coop préférée en direction du bout du monde pour aller voir l'animal autour duquel j'organise ma vie. À l'heure de pointe c'est vraiment très désagréable de se rendre au bout du monde. J'étais fatiguée, SPM, mal à la tête, et voilà que c'est long, c'est long, la voiture rouge se transforme en tortue brune et nous sommes tous tranquillement en route vers la fin du monde, vers la banlieue d'où je repartirai avant qu'il ne fasse complètement noir pour revenir en ville. Je pense aux vaches de mon voisin qui rentraient à l'étable le soir. J'ai faim et j'aimerais être une belle Holstein noire et blanche et bien grasse, mastiquer de l'herbe toute la journée, ruminer et rentrer à l'étable le soir pour manger encore de la moulée protéinée à la mélasse.

Ma monte avec Griffin a été plutôt pourrie (mais oui j'ai par contre terminé sur une bonne note, une très jolie note qui sonnait vraiment bien). J'ai besoin d'un coach. J'ai besoin de me calmer pour qu'il se calme. Il devient ce que je suis quand je grimpe sur son dos et ça se voit que j'ai l'esprit embrouillé ce soir, enfin ces temps-ci. Mais bon on a vite oublié la chicane et après le travail on a joué à gratte-gratte, qui est un jeu inventé par les chevaux eux-mêmes et j'ai donc gratté l'épaule de monsieur G avec mes ongles mal coupés pendant qu'il grattait la mienne avec son nez. Il y avait de l'endorphine dans l'air.

En revenant j'ai attendu l'autobus pendant un million d'heures. Je crois que je contrôle ma vie, mon destin, enfin un peu, du mieux que je peux, mais crisse que j'haïs attendre l'autobus. Surtout après avoir attendu dans le traffic. En ligne au Starbucks. Attendu après mon ordinateur au bureau qui gèle trop souvent. Si je pouvais, j'habiterais près de tout, pas besoin d'autobus. J'habiterais dans un luxueux appartement au centre-ville, j'aurais un hélicoptère privé, une écurie dans ma cours avec un parc privé au cœur de la ville pour mes chevaux, une femme de ménage, une télé à écran plat, un kit laveuse-sécheuse à chargement frontal, un frigidaire en stainless, un swiffer pour ramasser la poussière, un magic bullet dans la cuisine et des aquaglobes pour mes plantes. Tout ce dont je n'ai pas besoin. C'est pour ça que je déteste attendre l'autobus.

Sunday, April 19, 2009

En vrac.... de retour à la normale

Déjà dimanche. La semaine qui vient sera ma première vraie semaine ordinaire depuis avant le congé de Pâques. La semaine dernière j'ai travaillé seulement trois jours (en plus de jouer à la slackeuse vendredi), puis j'ai eu droit à de supers moments avec des amis que je n'avais pas vu depuis ce qui semblait être une éternité. Ce qui donne presque le goût de partir plus souvent.

Et puis la fin de semaine a été vraiment géniale, rien d'extraordinaire mais juste très bien remplie et très agréable.

Tout d'abord ça fait longtemps que ma jambe et mon dos ne se sont pas portés si bien. Alors qu'en décembre dernier j'ai du passer quelques jours au lit à ne pas pouvoir BOUGER sans vouloir en finir avec ma vie tellement j'avais mal, alors que je devais me lever 45 minutes avant l'heure pour marcher de long en large dans mon appartement pour me "réchauffer" sinon je ne pouvais pas tenir debout sans pleurer de douleur.... samedi j'ai monté à cheval une heure très sportive (merci Griffin d'avoir été si indiscipliné) et je suis ensuite partie 3 heures en randonnée pédestre en montagne en ayant oublié à la maison mes belles pilules jaunes contre la douleur. Miracle! Je me sens mieux que jamais (jamais avant ma blessure...) aujourd'hui.

PS: Il faut que je mentionne que désormais je vais faire un effort pour TOUJOURS prendre mes médicaments avec de la nourriture. Avant ça ne posait pas de problèmes mais depuis quelques jours quand je prends mes anti-inflammatoire bien à jeun le matin, après 10 ou 12 heures sans avoir mangé, je vis des moments vraiment désagréables. En effet je rote mes pilules (c'est vraiment dégueu je sais) et le goût est tellement amer et infect que j'en pleure de dégout. J'en ai des spasmes de pré-vomi juste à y penser. À chaque fois je me dis... ouacheeeeeeee ark beurk ouache ouille aille eurk

Fin du PS... ouache c'est complètement atroce, horrible, traumatisant

En ce moment, je me sens très plate et fatiguée.

J'ai la tête pleine de souvenirs tous neufs, que j'ajoute à une collection très particulière. Il y a des gens comme ça pour qui je crée une collection complète et exclusive de moments particuliers, comme un album photo spécial, comme un journal intime en plus de mon journal intime, si j'en avais un bien sur. J'élabore aussi pour certaines personnes des histoires fictives toutes personnelles et extravagantes, qui traitent de nos prochaines rencontres, de nos prochaines conversations, de la fois où on se croisera par hasard dans 10 ou 15 ans après s'être perdu de vue depuis 10 ou 15 ans.

Avant de devenir folle je dois mentionner que mon robinet de cuisine coule encore. Je dois dormir la porte fermée et me concentrer à ne pas entendre le plic-ploc des gouttes dans l'évier quand la nuit arrive, sinon je resterais éveillée puis sortirais du lit tellement cernée, blême et irritée qu'il faudrait que je me recouche sur l'heure du dîner.

Aussi le chat est revenu de vacances et je lui ai parlé tout à l'heure. Il sonnait comme moi quand je suis revenue de mes vacances à Noel. Comme je n'aime pas m'étaler en explications complexes qui paraitront très peu objectives de toute façon, je dirai seulement que je crois que c'est un bon signe.

Et mon souvenir de voyage préféré de la fin de semaine de Pâques... manquer mon vol à Québec à 5h20 AM et devoir attendre jusqu'a 9h30 pour enfin décoller!